Livrer une guerre | Librar una guerra

« Livrer » a plusieurs sens en français. L’un d’eux est celui de « remettre entre les mains de » : « livrer un prisonnier à la justice ». Avec le temps, il a fini par s’employer de façon elliptique: « les voleurs se sont livrés » (sous-entendu à la police).

« Livrer » a le sens plus général de « remettre » ou « faire porter » quelque chose. Une entreprise de transport livre des meubles au domicile de ses clients. En français comme en espagnol, ce sens s’est étendu à des activités telles que la guerre.

Je livre une guerre sans relâche au désordre qui règne sur ma table de travail.
Elle livre une guerre sans merci1 aux ambiguïtés que recèlent2 les textes de ses clients.

On entend et lit aussi « livrer bataille », sans l’article indéfini « une ».

Les robots ont livré bataille jusque dans les coins les plus reculés de la galaxie.

Au Québec, on entend souvent l’expression « livrer la marchandise » au sens de « produire les résultats escomptés », « répondre aux espérances », « satisfaire les attentes ».

Tous se demandaient si notre équipe allait remporter le championnat. Grâce à un entraînement rigoureux, elle a livré la marchandise.

Ce sens est critiqué par certains comme étant un calque de l’anglais « to deliver the goods ». Personnel­lement, je ne vois pas de problème, car cet emprunt de l’anglais est clair, imagé et bien construit.


1 « Sans merci »: sans pitié.
2 « Receler »: cacher.

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